Les expositions et PERREAUX  

       De tout temps , il y a eu des foires internationales , nationales ou spécialisées .... Pourtant , jusqu'au milieu du XIXe siècle , en France , les Chambres de commerce refusent d'ouvrir les portes à la marchandise étrangère : l'industrie française est très , très protectionniste . Ce sera l'Angleterre qui prendra vraiment l'initiative du libre-échange avec sa grande exposition universelle à Londres , en 1851 ...Au XIXe siècle , comme la terminologie est encore très vague , nombreuses sont les manifestations qui se disent "universelles" . Il n'existe pas encore de réglementation internationale . Une exposition est universelle quand elle s'ouvre à toutes les activités (les expositions agricoles ou industrielles ou horticoles.....ne sont pas universelles ) . Il existe une large concurrence entre les pays organisateurs . Le prestige résultant de l'organisation d'une exposition internationale donne à ces manifestations une dimension politique .... Il s'agit ainsi d'un contact privilégié entre les dirigeants et les peuples .......

Exposition universelle de Londres en 1851

  L'Angleterre a récolté ce qu'elle avait semé . Elle a traversé la période des révolutions sans en recevoir aucune atteinte . Le continent a été ébranlé jusque dans ses fondements , l'Angleterre n'ayant eu la moindre secousse . Elle offre aux nations un modèle à suivre ....Par le caractère et les allures qu'elle a donnés à sa politique intérieure et extérieure , depuis un certain nombre d'années , elle s'est placée haut dans l'esprit des amis de l'humanité , des partisans des grands principes ....Donc , l'Angleterre tint au Palais de Crystal à Hyde Park ( 4 ans avant la France !!!) , soit du 1er mai au 11 octobre 1851 son exposition internationale , sous le titre "The great Exhibition of the Works of Industry of alls Nations ".......Naturellement notre Perreaux de l'Orne participa à cette première en présentant des instruments à tracer et à diviser :"...M . Perreaux (France , n°369) a exposé une machine pour diviser la ligne droite , dont la partie importante est une vis micrométrique de 65 centimètres de longueur . Un chariot lié à l'écrou de cette vis repose sur deux rails ou règles longitudinales attachées au banc de l'instrument . Quand on fait tourner successivement la vis d'un tour ou d'une fraction de tour , l'écrou avance ,le chariot glisse le long des rails en emportant un tracelet qui sert chaque fois à graver des traits sur la règle que l'on veut diviser . Ce qui prouve l'égalité des pas de la vis et des divisions , c'est qu'en faisant glisser l'une contre l'autre deux règles de cuivre divisées séparément , les divisions coïncident toujours dans toute la partie commune des deux règles ...Le pas de la vis est d'un demi-millimètre , et comme le cadran qui forme la tête de la vis est divisé en 250 parties ,l'écrou avance d'un millimètre pour deux tours ou pour 500 parties du cadran . Le déplacement est donc de deux millièmes de millimètre quand la vis tourne d'une partie du cadran........................................................ Cet instrument peut aussi servir à diviser une ligne en parties inégales ;............................................... Dans cet instrument , il y a aussi le tracelet un système de roues à entailles de différentes profondeurs , à l'aide desquelles on peut graver sur la règle des traits de différentes longueurs , ce qui rend la lecture des divisions beaucoup plus facile .                                                                            Le Jury accorde à M . Perreaux une récompense du second ordre , pour sa bonne et élégante machine à diviser la ligne droite .                                                                                                 Plus loin , dans l'article du VIe jury des "Machines et outils" , nous pouvons encore extraire ce qui suit : Un habile artiste de Paris , notamment M . Perreaux , de l'Orne , qui en 1836 , âgé de dix-huit ans , s'était fait remarquer par l'invention d'un fusil de six coups , pour lequel la Chambre des Députés d'alors lui vota une récompense pécuniaire et l'admission gratuite à l'Ecole des Arts et Métiers de Châlons , M . Perreaux a , de son côté , construit  des instruments servant à diviser et tracer , avec une grande précision , des lignes droites , parallèles ou convergentes , également espacées entre elles , sur des planches de cuivre ou des pierres lithographiques : genre d'instruments dont on se sert depuis 1846 à l'Imprimerie impériale dans des buts divers ....système auquel M . Perreaux a cherché à donner un plus grand degré de précision , et , au besoin , un caractère automatique ........ Ce sont ces mêmes travaux que , à son tour , M . Perreaux a cherché à imiter , en les perfectionnant , dans des machines à diviser les instruments de physique , qui , déjà en 1847 , 1848 , 1849 , lui ont valu les éloges ou récompenses de la Société d'Encouragement , de l'Académie des Sciences et du Jury de l'Exposition nationale , récompenses auxquelles est venue se joindre , en 1851 , la médaille de prix que lui a décernée le Xe Jury .                                    Je n'ai parlé ici des machines à diviser les instruments de physique que pour faire mieux apprécier le caractère de précision que M . Perreaux a su apporter à sa machine à graver de l'Imprimerie impériale ............................................. L'Exposition universelle de Londres compta 14 000 exposants et 6 040 000 spectateurs .

Exposition universelle de Paris en 1855

    Napoléon III n'aura pas mis longtemps à montrer à l'Angleterre que la France pouvait elle aussi faire une exposition grandiose et au reste du monde de quoi elle est capable . Les Champs-Elysées valent bien Hyde Park . Cette exposition se veut être un geste pour unifier les peuples . Un seul palais ne suffira pas aux ambitions . On réaffectera le Palais de l'Industrie pour les machines seulement . Ce palais avait été prévu pour une exposition qui n'eut pas lieu (crainte de révolte). Un autre ajout : les Arts : on retrouvera plus de 5000 peintures et sculptures . L'exposition s'est tenue au carré Marigny sur les Champs-Elysées (entre l'obélisque et l'Arc de Triomphe) . Dans le catalogue officiel par ordre de la Commission impériale , nous retrouvons dans deux classes différentes , notre Perreaux habitant encore le 16 , Rue Monsieur-le-Prince à Paris :4° Classe ( Mécanique générale appliquée à l'Industrie: pompe à soupape d'un nouveau système . .......8° Classe (Arts de précision . Industrie se rattachant aux sciences et à l'enseignement : Machine à diviser . Machine dynamométrique pour mesurer la force des tissus ; expérimentateur phroso-dynamique pour mesurer la force des fils de soie .Divers instruments de précision ............................................................Dans l'album de l'exposition universelle Tome deuxième de M . le baron Léon Brisse , nous relevons une médaille de 2e classe attribuée à M . Perreaux pour sa pompe à soupape d'un nouveau système . Plus loin , une médaille de première classe lui est à nouveau attribuée : La plupart des instruments de haute précision exposés par M . Perreaux ont déjà été appréciés par l'Académie des Sciences . Voici la nomenclature de cette remarquable exposition : un comparateur destiné au cabinet du Collège de France , pour la vérification des règles divisées et celle des mesures à bout ; un cathétomètre ; un sphéromètre à pieds mobiles , muni d'une aiguille de comparateur ; une petite machine à diviser , d'une perfection extrême ; un dynamomètre destiné à la détermination de la résistance des tissus , des cordes et des fils métalliques ; un appareil phrosodynamique de M. Alcan destiné à la détermination du degré de torsion qu'il convient de donner à une ou plusieurs fibres  pour les besoins du tissage . - La description complète de ces instruments se trouve dans les Rapports faits à l'Académie par MM . Biot , Babinet et Regnault  . MEDAILLE DE PREMIERE CLASSE .                         Si Paris dépasse Londres en superficie (4 hectares de plus) et nombre d'exposants (24000) , elle n'atteindra pas son nombre de visiteurs (seulement 5 163 000) et finira déficitaire contrairement à Londres . La compétition pour l'excellence et la grandeur ne fait que commencer ..................

Exposition universelle de Londres en 1862

London International Exhibition on Industry and Art 1862 , à l'initiative privée de la Royal Society of Arts and Manufactures , ouvre ses portes à Londres le 1er mai 1862 près du parc Kensington . L'exposition est organisée dans un seul palais c'est-à-dire un vaste rectangle composé de trois bâtiments et d'un jardin . Le premier étage est occupé par les oeuvres d'art alors que les produits industriels sont répartis sur les trois bâtiments et le jardin . Elle couvre une superficie de plus de 18 hectares . ...La moitié de l'espace est réservée à l'Angleterre , l'autre moitié étant occupée par les pays étrangers ....La clôture de l'Exposition , prévue le 1er octobre , est reportée au 1er novembre . Les exposants sont autorisés à vendre leurs produits les 15 jours qui suivent la clôture ...Le Palais est ainsi fermé définitivement le 15 novembre , sans aucune cérémonie de clôture .........................     Naturellement , nous y retrouvons notre Perreaux d'abord dans la classe VIII : (Machines en général) Section V chapitre 1 : M . Perreaux (Royaume-Uni et France) (Pourquoi Royaume-Uni ? je n'ai pu éluder cette question : pourtant dans l'album de l'Exposition universelle de Léon Brisse , nous lisons ce qui suit :MM. PERREAUX ET Cie , à Londres . - A la nomenclature ci-dessus , nous pouvons joindre les soupapes à pompe , dites lèvres , inventées par M . Perreaux , notre compatriote établi à Londres . - Médaille.......Alors ,,,,) expose des pistons-valves en caoutchouc . Le piston d'une seule pièce , est creux en dessous , et se termine à la partie supérieure par deux lèvres minces habituellement fermées , et qui le sont d'autant plus hermétiquement que la pression supérieure est plus grande ,mais qui s'ouvrent pour donner passage à l'eau inférieure dès que la pression de ce côté devient prédominante . Avec ce piston et une pièce pareille comme soupape de fond , on a une pompe d'une construction simple . Il faut cependant remarquer que la réparation du piston ne doit pas être praticable dans la plupart des cas , et que la résistance de la matière à l'ouverture et la petite section des orifices exigent un excédent de travail moteur qui deviendrait considérable dè que l'on s'éloignerait des petites dimensions ....... ensuite dans la classe XIII :(Instruments de précision et appareils scientifiques ) , Section I , Chapitre IV : M . Perreaux a exposé une machine très simple pour diviser la ligne droite , au moyen d'une vis micrométrique de 1.20m de longueur , dont le pas est d'un demi-millimètre . Quand la vis tourne , l'écrou entraîne un petit chariot qui porte un tracelet avec lequel on trace les divisions sur une règle . Le cadran qui forme la tête de la vis est divisé en deux cent cinquante parties , en sorte qu'en le faisant tourner d'une partie , l'écrou et le tracelet avancent de deux millièmes de millimètre... Nous avons fait glisser l'une contre l'autre deux règles en cuivre divisées séparément en millimètres , au moyen de cette machine ; les divisions coïncident toujours , ce qui prouve l'égalité des pas de la vis et des divisions . M . Perreaux , avec son esprit de recherche ,n'a pas cessé de perfectionner cette machine ; avec le tracelet , il y a un système de roues entaillées à différentes profondeurs , à l'aide desquelles on grave sur la règle des traits de différentes longueurs pour rendre la lecture très facile ; M . Perreaux a encore exposé un cathétomètre solide , bien équilibré et bien divisé . Nous citerons particulièrement un bel instrument pour comparer les mètres à bouts et à traits . Le mètre à bout n'a pas à glisser sur la barre de fer à l'aide d'une pression appliquée à son extrémité : tous les mouvements sont produits avec un chariot qui porte des microscopes , et qui se transporte d'une extrémité à l'autre du mètre ............................................ Cette exposition 1862 eut 28 700 exposants et 6 000 000 de spectateurs ....

Exposition internationale de Porto en 1865

   Perreaux y reçut une médaille d'argent .....

Exposition Universelle de Paris en 1867

 Peu avant la chute du Second Empire , l'été 1867 fut l'occasion d'une nouvelle exposition universelle à Paris . Napoléon III l'inaugure le 1er avril 1867 soit douze ans après la précédente et encore une fois , elle fait suite à une expédition londonnienne (celle de 1862) . Elle a pour thème l'histoire du travail , de l'âge de pierre jusqu'au XIXe siècle . On considéra que les Champs-Elysées , utilisés pour celle de 1855 , ne conviendraient pas aux ambitions qu'on avait pour celle-ci . Le Champ de Mars fut retenu . Notons que le cadre de l'Exposition c'est aussi la ville de Paris revue et corrigée par les modifications du préfet Haussmann . Si plus de 40% de la superficie totale est réservé à la France , seulement 30% des exposants étaient français . On compte 41 pays présents . Nous y voyons des pavillons nationaux ce qui permet dorénavant aux pays invités d'exprimer l'esprit de l'architecture nationale . Cette manifestation est aussi marquée par l'apparition d'expositions coloniales qui permirent à la population de découvrir les territoires français dans le monde , ainsi que leurs habitants . L'exposition fut un succès , tant au plan de la participation (plus de 50 000exposants) , des profits que de l'affluence des visiteurs : 11 000 000 . Certains se sont même plaints du  trop grand nombre de choses à voir et de sites à visiter !!!..............  Nous savons que Perreaux y a participé et qu'il y a reçu une médaille de bronze ....(nous rechercherons pourquoi .. ) : Dans le groupe ll classe 12: ......on peut citer les machines à diviser de M. Perreaux, qui déjà, en 1855 et 1862 ont été jugées d'une manière très favorable. Si, sous le rapport de la stabilité des organes du compteur, elles peuvent être placées au-dessous des machines de Froment, elles ont sur ces dernières l'avantage d'être d'un emploi plus simple et d'un prix moins élevé. En raison de ces circonstances, ces machines, surtout le petit modèle, se sont très répandues, et en fournissant ainsi aux professeurs un moyen simple d'exécuter eux-mêmes leurs divisions, on peut dire avec justice que M. Perreaux a contribué aux progrès généraux de la physique expérimentale.         Indépendamment des appareils déjà présentés aux expositions précédentes: (machines à diviser, dont la vis a 1/2 millimètre de pas, grand et petit modèle; comparateur à aiguilles indicatrices; sphéromètre et cathétomètre), M. Perreaux a exposé une petite machine à diviser,qui n'a pu être terminée à temps pour fonctionner sous les yeux du jury, mais qui paraît digne d'intérêt.        La vis micrométrique a 4mm environ de diamètre, et le pas est de 1/10 de millimètre. Fixée entre deux pointes, cette vis porte une roue à rochets de 300 dents, ayant un développement total de 31 centimètres, d'où il suit qu'une dent correspond à 1/3000 de millimètre. Des micromètres au 1/3000 sont encore inconnus, et on peut dire qu'il n'y a de vraiment acquis à la science que les micromètres au millième. Pour que la machine de M. Perreaux donnât un pareil résultat, il faudrait qu'il existât, entre la disposition géométrique et les autres organes de l'appareil, une harmonie au sujet desquels l'expérience n'a pu encore se prononcer.                                  Divers appareils déjà connus ou exposés, se rapportant à la mesure des longueurs, figurent dans l'Exposition actuelle. Nous citerons: le cathétomètre de M. Perreaux, instrument bien conçu, bien équilibré et très apprécié des physiciens; le comparateur, du même fabricant, permettant de comparer les mesures linéaires bout à bout ou trait à trait; ............

Dans la classe 53 ( Machine et appareils de mécanique générale): ......   Avant de quitter les pompes à pistons pleins, citons encore les appareils de M. Brossement, de Paris,dans lesquels les clapets,retenus par un couvercle et une vis de serrage,peuvent se démonter et être visités avec  la plus grande facilité, et les pompes de M. Perreaux, dont les clapets et les pistons se composent de valves en caoutchouc, ce qui leur donne une grande douceur. Ces derniers appareils figuraient à l'Exposition de 1862.

 

 

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