L ' Inventeur de la MOTO   PERREAUX Louis-Guillaume 1816 - 1889

 

  • Un inventeur prolifique et génial
  • Un homme de science
  • Toutes ses inventions
  • Le vélocipède à vapeur et le tricycle
  • Vélocipède et tricycle : suite
  • Ses autres inventions
  • Ses récompenses
  • Les expositions et Perreaux
  • Expos et Perreaux : suite
  • Les lettres et Perreaux
  • La Peinture et Perreaux
  • Le cycle et son histoire
  • Le cycle motorisé
  • Conclusion
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  • J'ai déjà dit que je continuais mes recherches sur notre Perreaux et .... je viens de retrouver , à la Bibliothèque Nationale de Paris, sur son site Gallica, un livre de Jean Rey "Histoire scientifique de l'année 1888" édité en 1889 (Perreaux est mort cette année-là) . Le premier chapitre a pour titre: "Histoire des Sciences- M.Perreaux de l'Orne - Ses inventions - Les bateaux sous-marins." Je vous le transcris ci-dessous :
  • " Le nom des inventeurs est souvent inconnu du public. A quoi sert, en effet, d'être un grand savant, un habile inventeur, si l'on n'est pas un peu ce que Guy-Patin appelait circulator , c'est-à-dire un charlatan ? Je sais bien que celui qui cultive la science la cultive pour elle-même, et non pas pour la gloire et les richesses qu'il en peut retirer. Aussi, sans m'étonner de notre indifférence marquée pour tous ceux qu'une vie de modestie et de travail a tenus loin de nos agitations stériles et énervantes, enfermés qu'ils étaient dans leurs ateliers ou dans leurs laboratoires à la recherche de quelques solutions de problèmes intéressant l'humanité, je ne puis m'empêcher de crier à mes contemporains le nom d'un de ces hommes, d'un de ces bienfaiteurs. Les quelques lignes que je consacrerai à cet inventeur serviront à établir l'histoire des sciences. 
  • M.Perreaux est né le 18 février 1816, à Almenèches, dans l'Orne. Il appartient à une vieille famille bourgeoise. Son grand-père était médecin ; (je vérifierai cela ! j'ai vérifié et ceci est faux: il était "tailleur d'habits" d'après l'acte de baptême de son fils Perreaux Marin du 23.04.1789, ce dernier étant le père de notre inventeur... Il est vrai que l'erreur était possible: un Louis Perreaux a été maire d'Almenèches: le grand-père de notre inventeur ou le père de  Laure Perreaux, la cousine de notre inventeur ? je pense que ce fut ce dernier...mais...) venu à Paris suivre les cours de la rue Bûcherie, il sut, de retour dans son village, mériter l'estime et la confiance de ses concitoyens. De 1730 à 1772, il soigna gratuitement tous ceux qui réclamaient ses services; c'est dire que, depuis sa réception de médecin jusqu'à sa mort, sa vie médicale ne fut qu'un long dévouement. Son fils, le père de l'ingénieur Perreaux, ne voulut pas suivre la carrière médicale. Malgré les conseils de ses amis, les observations de sa famille, il n'écouta que sa propre inspiration. Son goût le portait vers la mécanique. Avec ses ressources, il fonda un atelier où ils fabriquaient des rouets à broches pour filatures diverses et cordages fins.(tous les actes l'indiquent comme tourneur) Lui-même était à la fois son maître et son ouvrier . La vogue de ses appareils le récompensa de ses efforts. C'est dans l'atelier de ce père toujours occupé à chercher quelque invention, que l'ingénieur Perreaux passa ses premières années. Et ce n'est pas sans quelque joie, mêlée d'un noble orgueil, qu'il se rappelle les conseils et les exemples de ce père quand il songe à ses propres travaux. N'est-ce pas à son père qu'il doit toutes ses inventions ? Si, dès ses premiers pas, dès qu'il put à peine parler, il n'avait pas eu ce spectacle d'un atelier où les longues méditations se traduisaient par un labeur incessant, pense-t-il que, de lui-même, il serait devenu un maître dans son art? Cependant, à seize ans, il fut mis au collège de Sées qu'il quitta en entrant en sixième pour s'adonner à la mécanique. On raconte que Vaucanson construisit dans sa jeunesse une horloge en bois qui marquait exactement les heures. Le jeune Perreaux, imitant son illustre devancier fabriqua un fusil sous forme de canne-jonc. Cette canne-jonc prenait, par son ingénieuse disposition, la forme d'un fusil ordinaire; en s'allongeant pour démasquer le mécanisme, elle formait une crosse articulée permettant d'épauler. Dans l'intérieur, se trouvaient les amorces et six charges parfaitement divisées; comme les revolvers ou les fusils à répétition, dont on fait aujourd'hui si grand cas, elle pouvait lancer successivement six projectiles. On pouvait indifféremment charger cette arme par la culasse ou le haut de l'âme. Le mécanisme de la batterie se composait d'un chien à oreilles articulées, d'une détente se repliant sur elle-même et des six charges réunies. Lorsque la crosse était redressée, tout ce mécanisme disparaissait et faisait place à une canne ordinaire. Comme on le pense bien, cette invention d'un enfant ne passa pas inaperçue. Elle fit du bruit dans son temps. Les journaux la célébrèrent en langage dithyrambique. Des ingénieurs, des mécaniciens vinrent l'admirer. (la forme et les détails de ce fusil seront donnés sur mon blog http://alifer61.blogstop.com ) Le jeune Perreaux, sur l'avis de ces hommes compétents, partit pour Paris. Recommandé à François Arago et à Odilon Barrot, la Chambre des Députés lui vota en 1836, grâce à la bienveillance de ses protecteurs, une bourse à l'Ecole théorique et pratique de Châlons. La commission militaire que la Chambre avait nommée, chargée qu'elle était de peser les titres de ce jeune homme, fut frappée des avantages qu'on retirerait de son invention. Aussi, l'année suivante, 1837, on fit appliquer aux fusils de guerre le système d'amorces. Comme dans sa canne fusil, les capsules étaient placées dans un long tube de petit diamètre situé parallèlement à la baguette et aboutissant à la sous-garde. Un ressort à boudin très faible les poussait au bout de ce tube, terminé en bec d'oiseau. Elles étaient ainsi plus facilement prises que dans la poche pratiquée à l'uniforme militaire et destinée à cet usage.
  • A sa sortie de Châlons en 1839, l'ingénieur Perreaux entra comme élève chez M. Gambey, membre de l'Institut des plus distingués, célèbre par ses instruments d'astronomie, sur la recommandation de M. Savary, professeur de mécanique à l' Ecole polytechnique et membre de l' Institut. Durant les loisirs que lui laissaient ses nouvelles occupations, il construisit un bateau sous-marin à air comprimé, portant une roue à hélice à palettes mobiles. A cette époque, on ne croyait pas à l'avenir des bateaux sous-marins. (une lettre de M. Arago est jointe: je la copierai dans mon blog) Arago lui-même pensait qu'ils ne deviendraient jamais d'un grand secours. Tous les savants partageaient cette opinion. Devancer son siècle est chose dangereuse: témoin Galilée qui reprenant les idées de l'Allemand Nicolas Crebs, cardinal de Cusa et du Polonais Copernic, révéla la sphéricité de la terre et sa rotation et mérita par sa grande science d'encourir le châtiment que l'on sait; témoin le marquis d' Argenson qui, dès le milieu du  dix-huitième siècle, annonçant la prochaine invention des ballons, fut jugé par ses contemporains comme un homme aux idées chimériques. Peu s'en fallut que l'ingénieur Perreaux ne fût traité de rêveur. Qui oserait, aujourd'hui, douter de l'avenir des bateaux sous-marins? Le rêve d'hier ne s'est-il pas réalisé ? Certes, les sciences physiques et mécaniques ne marchent pas toujours avec une vitesse égale dans une voie uniforme. La mécanique était en avance sur l'électricité. Ces deux sciences marchent maintenant ensemble. Aussi la navigation sous-marine montrera bientôt la puissance de l'intelligence humaine. Traçons l'historique de ces bateaux et exposons les différents perfectionnements qu'on leur a apportés. De cette façon l' oeuvre de l'ingénieur Perreaux sera mieux jugés.
  •                           Historique des bateaux sous-marins.
  • 1° - Remontons aux temps troublés du premier Empire. On connaît l'idée fixe de Napoléon: détruire l' Angleterre. Si on met le pied sur le sol anglais, notre ennemie héréditaire ne commande plus au monde!... mais il faut une flotte pour tenter la descente. La flotte trouvée, Napoléon apprend, à nos dépens, que la mer, elle aussi, conspire contre lui. Comment la vaincre? Fulton, à cette époque, expérimentait, dans le port du Havre, des bateaux sous-marins. Napoléon songea à utiliser les inventions de cet Américain. L'idée de traverser la Manche sous les eaux, de se dérober aux vues de ses ennemis, plaisait à son génie aventureux et téméraire.  Fulton encouragé, continua avec plus d'ardeur ses recherches. Enfin, après bien des essais, il parvint à faire mouvoir sous l'eau des embarcations sous-marines. Les vitesses obtenues étaient médiocres, à vrai dire. Ces embarcations se mouvaient à l'aide de la force musculaire de leurs équipages appliquée à des avirons. On les armait de gros canons courts, tels qu'on les fabriquait aors aux Etats-Unis sous le nom de columbiades. Ces canons étaient placés sur le  mute de l'embarcation et destinés à être tirés contre la carène des vaisseaux ennemis. Les frères Coesin reprirent les expériences de Fulton. Le succès ne répondit pas à leurs efforts; les essais semblent avoir été interrompus, l'idée même abandonnée. Jusqu'en 1822, cette question reste dans l'enfance, aucun progrès ne s'accomplit. Il est juste de constater que les crises terribles qua traversées la France ont enrayé tout esprit de travail et de recherche. Ne nous étonnons donc pas si nous ne constatons aucun perfectionnement. A cette date 1824, un officier de la marine française, M. Mongéry proposa un nouveau modèle de construction. Peu de bruit fut mené autour de ce projet qui passa presque inaperçu. En 1842, l'ingénieur Perreaux reprenant le travail de ses devanciers, présenta à l' Académie des Sciences, dans sa séance du 28 mars, un bateau sous-marin construit avec une habileté merveilleuse. Les conceptions scientifiques qui avaient présidé à la construction de ce bateau surprenaient par leur grandeur et leur simplicité. C'était la première fois qu'un corps savant s'occupait officiellement de cette importante question. Environ quinze années plus tard, MM. Payerne et Bouët, le frère du contre-amiral, sacrifient leur fortune à la construction de bateaux rêvés par eux. L'impulsion donnée, les essais se succèdent rapidement. En 1858, le capitaine de vaisseau Bourgois et M. Brun, ingénieur de première classe, intéressent le Ministre de la Marine à des expériences commencées à Rochefort. Enfin, dès les premiers jours de l'année 1859, un Américain présente à l'examen de sir Baldmir Walker, directeur général des Constructions navales en Angleterre, un projet de bâtiment vraiment extraordinaire. Etudions, depuis 1842, les constructions réalisées sur le modèle proposé par ces expérimentateurs.
  • 2° - La condition essentielle pour progresser dans un art quelconque, c'est de connaître les travaux antérieurs relatifs à cet art. Le bateau présenté par M. Perreaux à l'Académie a été certainement, et sans contestation possible, le point de départ d'essais aussi nombreux que variés. Ceux qui sont venus après lui ont largement utilisé ses idées et ses résultats. Loin de nous la pensée de les blâmer. Mais il est du devoir du chercheur notant les progrès accomplis dans une branche de la science d'enregistrer scrupuleusement la part de chacun.
  • Le premier bateau sous-marin construit avec une méthode scientifique raisonnée est donc celui qui fut présenté par M. Perreaux de l'Orne à l'Académie. Ce bateau ressemblait à un poisson aux formes très accentuées. Il pouvait s'enfoncer perpendiculairement ou obliquement sous l'eau, se diriger à droite, à gauche, en avant, en arrière, et, ce qui est plus remarquable, naviguer à de grandes profondeurs sans diminution de vitesse. Les mouvements descendants et ascendants étaient produits par une roue à hélice à palettes mobiles. Deux propulseurs différents le dirigeaient; l'un quand on montait ou descendait, l'autre quand on changeait de place. Le moteur faisant fonctionner les propulseurs était une machine à air comprimé. Cet air alimentait ensuite l'équipage: on s'en débarrassait par un tube cheminée à flotteur restreint lorsqu'il ne convenait plus à la respiration. A l'avant du bateau, on remarquait des trous d'hommes qui avaient l'apparence de tourelles. Dans l'esprit de M. Perreaux, ces tourelles donnaient passage à des plongeurs qui, munis d'un système respiratoire spécial, allaient découvrir les richesses englouties dans la mer. (Un croquis du bateau est joint: il sera reproduit sur mon blog !)
  • Voilà, certes, une idée hardie et féconde. Cette invention utilisée ou, tout au moins, l'idée mise en pratique, il y aurait déjà longtemps que la loi émise par M. Edouard Forbes se trouverait définitivement établie ou renversée. On sait que M. Edouard Forbes avait remarqué, en pratiquant des dragages multipliés dans la Mer Egée, puis dans d'autres parages, que le nombre des animaux vivant au fond de la mer décroît très rapidement à mesure que la profondeur des eaux augmente. On pensait donc que la vie est impossible dans les profondeurs de la mer. En 1861, le câble sous-marin posé entre l'île de Sardaigne et l'Algérie s'étant rompu, les ingénieurs voulant connaître la cause qui avait entraîné la rupture, s'efforcèrent de le relever en partie et de conserver, sans les détacher, les corps étrangers qui s'y trouvaient fixés. M. H. Mangon, membre de l'Institut, le trouvant incrusté d'animaux divers, remit à M. A Milne-Edwards des fragments de ce conducteur sous-marin pêché à une profondeur de 2000 à 2800 mètres. Ce fut une révélation. La vie était possible sous une pression de plus de 200 atmosphères et dans un milieu où la lumière ne doit pas pénétrer. Six ans plus tard, les sondages pratiqués par le Harrler, le Blake, le Porc-Epic, l'Eclair, le Challenger, etc.., etc.., et il y a quelques années par leTravailleur, et le Talisman confirmèrent l'opinion émise par le savant professeur du Muséum. Dans ces conditions, quels services utiles à la science ne rendraient pas les bateaux sous-marins munis de ces appareils si perfectionnés auxquels avait pensé M. Perreaux ! Je sais bien que les auteurs d'une innovation mesurent rarement les conséquences que l'avenir réserve à leur oeuvre. Mais enfin, il suffit de montrer la possibilité d'une pareille entreprise pour entrevoir aussitôt la grandeur des résultats. L'Académie des Sciences nomma une commission chargée d'examiner ce bateau sous-marin. Cette commission se composait de MM. Arago, amiral Beautemps-Baupré, amiral Roussin, général Robert et Séguier. Les expériences eurent lieu dans le bassin de la rue de Vaugirard. Le succès obtenu valut à l'inventeur les félicitations de l'amiral Roussin et l'amitié d'Arago. Ce grand électeur, comme l'appela Laplace dans un jour de colère, n'était pas seulement un grand coeur, mais encore un grand allumeur d'intelligences. Il admira la science de ce tout jeune homme, modeste dans son triomphe, ferme dans des idées qu'il croyait justes. L'amiral Roussin, lui, que la froideur de son caractère portait à moins d'enthousiasme, ne put s'empêcher de prédire que la roue à hélice à palettes mobiles dont était muni ce bateau aurait un immense succès. Cette mobilité des palettes, en inspirant les plus belles expériences sur la théorie de l'hélice, est le premier système de ce genre dont les sociétés savantes se soient entretenues. Telle est, rapidement faite, la description du premier bateau sous-marin vraiment digne de ce nom.
  • MM. Payerne et Bouet se sont surtout préoccupés du moteur le plus convenable au bateau sous-marin. Il ne fallait pas songer à la machine à vapeur ordinaire. Le procédé le plus usité pour obtenir dans les chaudières à vapeur l'oxygène propre à la combustion de la houille, consiste à faire passer un courant d'air dans les foyers au moyen du tirage de la cheminée ou de tout autre procédé équivalent. Le vaisseau sous-marin étant privé de toute communication avec l'atmosphère, la combustion ne s'opère plus de cette façon. M. Payerne a pensé qu'on surmonterait la difficulté en opérant la combustion en vase clos et en employant le combustible pourvu lui-même de son oxygène. Cette idée n'était pas pratique pour deux raisons: la première c'est que les produits gazeux qui auraient pu se répandre auraient gravement compromis la vie de l'équipage; la seconde, c'est qu'un procédé aussi délicat, susceptible de ne pas fonctionner régulièrement, n'aurait pas offert une sécurité absolue et aurait présenté des dangers incessants.
  • Revenant à l'idée émise par l'ingénieur Perreaux, MM. Bourgois et Brun se proposèrent d'employer à la défense de nos ports des bateaux sous-marins mus par des machines à air comprimé. Comme lui, ils utilisaient à la respiration de l'équipage l'air qui avait produit son effet moteur. On expérimenta leur modèle au Conservatoire des Arts et Métiers. Les résultats obtenus décidèrent la commission à engager l'Etat à construire un bateau sur les plans proposés. Ce bateau, le Plongeur, fut lancé à Rochefort au mois de mai 1862. Il mesurait  44 mètres 50 de largeur; 3 mètres 60 de hauteur, son tirant d'eau était de 2 mètres 80. Le problème de l'immersion et de l'émersion facultatives a été résolu vers 1840 dans la cloche à plongeur. Veut-on monter ou descendre? On a recours à l'introduction ou à l'expulsion de l'eau. Il en est de même dans le bateau sous-marin. Pour introduire l'eau, on laisse agir la pression de l'eau extérieure; pour l'expulser, on se sert soit de la pression de l'air comprimé à l'avance dans les réservoirs intérieurs, soit de pompes à bras. La machine à air comprimé, par laquelle il se mouvait, représentait une force de 80 chevaux. Dans l'intérieur du bateau se trouvaient de vastes réservoirs; les uns servaient à la compression de l'air; les autres destinés à contenir l'eau nécessaire à l'immersion. Six millions furent dépensés en essais infructueux. Lassés, fatigués, découragés, les ingénieurs abandonnèrent tout projet de bateau sous-marin. Du reste, les hommes compétents le jugeaient impraticable. Tandis qu'en France les tentatives restaient infructueuses, en Angleterre, un Américain prenait un brevet et s'annonçait comme ayant vaincu toutes les difficultés. C'est là le propre des esprits audacieux, de profiter de toutes les découvertes et d'attirer sur eux l'attention de tous. Son bateau avait la forme d'un marsouin. Il pouvait contenir 8,10,15 hommes. Cet inventeur prétendait être en mesure: 1° de séjourner sous l'eau pendant un certain nombre d'heures avec son bateau monté par deux hommes sans avoir besoin de tubes ou de cloches, ou de tout autre appareil aboutissant à la surface pour lui amener de l'air; 2° de faire plonger presque instantanément son bateau et de le faire remonter presque aussi promptement à la surface. Ce système de bateau fut expérimenté dans le lac Michigan où l'inventeur prétendait lui avoir donné une vitesse de trois milles à l'heure. Il pénétrait aussi dans un port et l'explorait sous toute son étendue. Or, nous savons que, dans nos climats, l'eau de la mer est très opaque; les objets qui y sont plongés ne nous apparaissent pas très nets à quelques mètres de distance. L'Américain se servait d'un tube arrivant à la surface de l'eau d'un demi-pouce de diamètre: c'était probablement pour transmettre à l'intérieur du bateau avec des miroirs ou des lentilles, les images des objets extérieurs rendus invisibles par l'opacité de l'eau. Ici se présente une objection. Comment l'extrémité du tube se maintiendra-t-elle à fleur d'eau? La densité de l'eau varie très peu avec la profondeur en raison de son incompressibilité. Donc, on obtiendra très difficilement l'état d'équilibre d'un vaisseau sous-marin à une profondeur déterminée. De plus, son mouvement horizontal de translation se compliquera nécessairement d'oscillations verticales rendant très difficiles le maintien du tube à fleur d'eau. L'Américain fut déçu dans ses espérances, démenti dans ses affirmations. En Angleterre comme en France, les illusions se dissipèrent. La réalité brutale montra que l'heure des bateaux sous-marins n'était pas encore venue. (Il faudra attendre 1888: dans le port de Toulon, on a expérimenté le GYMNOTE, bateau sous-marin, construit sur des données nouvelles: le moteur est l'électricité emmagasinée dans des accumulateurs... Les résultats se révélèrent très sérieux...)
  • Cependant ces diverses tentatives malheureuses suivies par tous les marins, avec passion par les uns, avec scepticisme par les autres, - éternelle lutte de l'esprit d'immobilité contre l'esprit de progrès, - ont été utilisés par Jules Verne dans deux de ses ouvrages: Vingt mille lieues sous les mers et l'île mystérieuse. Ce romancier scientifique a remplacé dans son vaisseau sous-marin le Nautilus, le moteur à air comprimé par l'électricité. L'électricité est l'âme des appareils mécaniques qui font manoeuvrer le vaisseau commandé par le capitaine Nemo. Si la fantaisie se mêle à la science, nous disons néanmoins que M. Jules Verne a très bien résumé les progrès accomplis jusqu'ici dans ces bateaux. Nous ne lui adressons qu'un reproche: pourquoi a-t-il attribué à un étranger une invention née en France, perfectionnée et expérimentée par des savants français. Altérer la vérité historique n'est permis à personne. M. Jules Verne qui instruit en amusant aurait dû se souvenir qu'il est à la fois historien et savant. (N'oublions pas que Jules Verne 1828.1905 a parlé de Perreaux dans son livre Robur le Conquérant , qu'ils se sont peut-être côtoyés et que l'auteur de ce récit a édité son livre en 1889!).
  • 3° - M. Jules Simon, dans son éloge de Louis-Reybaud a écrit ceci: " Il suffit de savoir un peu l'histoire de l'esprit humain pour trouver des ancêtres à toutes les découvertes. La grande gloire n'est pas d'inventer, mais de réaliser. Celui qui énonce une idée en passant et l'abandonne est moins grand que celui qui la recueille et la fait vivre." Ce reproche ne saurait s'adresser à M. Perreaux de l'Orne. Le premier, il a l'idée de construire un bateau sous-marin avec des hélices à palettes mobiles; il fait vivre cette idée, si j'ose ainsi m'exprimer, et, confiant dans son succès, il laisse au ministère de la Marine le soin d'utiliser son oeuvre. Les plans restent enfermés dans les cartons sur lesquels la poussière s'accumule pendant dix-sept ans, jusqu'au jour où MM. Bourgois et Brun les découvrent. Voilà la vérité. L'année dernière, dans une communication faite à l'Académie des Sciences par l'amiral Pâris au nom de M. Zédé, on n'a pas daigné se souvenir de l'ingénieur Perreaux, bien qu'on ait rappelé les noms du capitaine de vaisseau Bourgois, de M. Brun, de Dupuy-de-Lôme. Pourquoi cette omission intéressée? Est-ce parce que M. Perreaux n'appartient pas au corps des ingénieurs de la marine? Quoi qu'il en soit, et en dépit de l'esprit d'envie et de jalousie, M. Perreaux restera le premier inventeur des bateaux sous-marins. Justice lui est aujourd'hui rendue. Le sic vos non vobis... ne doit pas être vrai. Et, quoi que M. Jules Simon puisse prétendre, la gloire d'inventer n'est pas inférieure à celle de réaliser parce que, si d'un côté, il faut le génie, de l'autre la richesse et la volonté sont seules suffisantes. Mais la volonté et le génie ne vont-ils pas souvent tous les deux ensemble! N'avons-nous pas d'exemples d'hommes énergiques vaincus dans la lutte contre la routine et n'ayant jamais pu faire triompher leur invention? M. Jules Simon pense-t-il que ceux qui ont réalisé les inventions de ces hommes-là peuvent s'attribuer pour eux toute la gloire? Ignore-t-il que les corporations sont toutes puissantes et que chacune d'elles reprend pour son compte le fameux adage: " Hors de notre église, point de salut". Nous disons donc à notre tour et plus justement, que la grande gloire n'est pas de réaliser, mais d'inventer. (à la suite de ce texte, il a donné la liste des découvertes et inventions de Perreaux: je vous les donne , en détail , dans les pages suivantes...)
  • J'ai voulu donner tout le texte de cet auteur Jean Rey car d'une part, il explique très bien deux inventions de Perreaux - non inscrites dans un brevet - : la canne-fusil et le bateau sous-marin et d'autre part, il énonce une réalité de toujours la petitesse d'une certaine société qui s'octroie des faits pris à autrui....

 

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Au travers de ce site , j'essaie de vous faire connaître notre héros local , de vous dire tout ce que j'en sais , en vous rappelant quelques petits faits de l'histoire du 19e siècle ...Je garde l'espoir que l'on m'apportera , en retour , d'autres évènements authentiques et complémentaires , voire contradictoires , que je communiquerai , si besoin , avec plaisir ....Je ne connais pas la mécanique et son fonctionnement et pour cela je vous indiquerai , pour plus amples renseignements  , des personnes plus douées dans ce domaine : Guy ROLLAND , principal artisan de la plaque commémorative existante depuis peu d'années , en face de notre mairie , de notre héros local et surtout Claude REYNAUD , auteur du livre "La genèse de la Moto ou Le véloce qui va tout seul" publié en 2003 . De plus ce dernier gère un musée du cycle à Domazan .........................

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